
Seth Godin est considéré comme le pape du marketing.
Dans ce livre, il nous apprend comment créer, organiser et fédérer une communauté sur Internet, autour de valeurs communes. Il nous invite à oser le leadership, à aller à contre-courant des mouvements de masse, et à viser l’excellence.
Une lecture indispensable pour ceux qui s’intéressent à l’entrepreneuriat et à la création d’une audience fidèle sur Internet.
Une tribu est un groupe de personnes unies par une idée, un leader et des liens entre ses membres.
Il suffit de deux choses pour former une tribu : un but commun et un moyen de communication.
Les tribus ont besoin de leadership.
Les êtres humains ont un désir ardent d’appartenir à un groupe. C’est l’un de nos mécanismes de survie les plus puissants. Pour nos ancêtres, être chassé de la tribu était synonyme de condamnation à mort. Fort de cet héritage, nous voulons tous appartenir à un groupe, y jouer notre partition et obtenir la reconnaissance et l’approbation des autres.
Nous sommes attirés par les leaders et leurs idées.
Internet a changé la donne. D’un côté, il a éliminé les barrières géographiques, rendant les tribus plus grandes et plus nombreuses. D’un autre, avec l’exposition de nouveaux outils, jamais il n’a été aussi facile de connecter les tribus et d’amplifier leur travail. Cependant, le vrai pouvoir des tribus, ce sont les personnes qui la composent.
Certaines tribus stagnent parce qu’elles refusent le changement. Elles génèrent peu d’émulation et sont plutôt ennuyeuses. Cela dit, chacune de ses tribus regorge de ressources qui attendent d’être dynamisées.
Un mouvement est stimulant. C’est le travail d’un collectif uni par un intérêt commun et qui avance vers quelque chose de meilleur.
Une tribu qui réussit est une tribu dont les membres ont une croyance inébranlable en l’idée qui les unit, au leader et en chacun de ses membres. La foi est une stratégie brillante.
Manager, c’est organiser les ressources pour que les choses se fassent. Le leadership, c’est provoquer un changement auquel on croit.
Les managers ont des employés. Les leaders ont des suiveurs.
Les managers imposent leur autorité pour se faire respecter et suivre. Vous écoutez votre manager ou vous perdez votre emploi.
Les leaders s’appuient sur la passion et les idées pour mener les gens et inspirer le changement, plutôt que d’utiliser la contrainte ou la bureaucratie pour les gérer.
Le marketing ? Le marketing est l’art de raconter des histoires sur ce que nous faisons. La valeur d’une chose dépend énormément du récit qui l’accompagne.
Le marketing a bouleversé le marché qui est maintenant moins impressionné par les produits ordinaires et les gens ordinaires, ni par une publicité coûteuse et tapageuse. Aujourd’hui, le marché aspire au changement. Dans ce contexte, la meilleure façon de vendre est de trouver une tribu de consommateurs enthousiastes qui désirent quelque chose de nouveau.
La stabilité est une illusion. Vous avez tort de croire que rester immobile vous protège. Le monde bouge, avec ou sans vous. Soyez un acteur de ce mouvement en prenant le leadership.
Voici ce qui a changé : certains admirent la nouveauté davantage que ce qui a fait ses preuves par le passé. Par conséquent, de nouvelles façons de faire, de nouveaux types d’emplois, de nouvelles opportunités et de nouveaux visages gagnent du terrain. Prenez votre part.
Il faut du talent et de l’élan pour diriger une tribu – pas de l’autorité. Elle peut même être contreproductive.
Pour une meilleure circulation des messages au sein de la tribu, il faut allier communication verticale (du leader aux membres de la communauté) et communication horizontale (d’un membre à l’autre de la communauté pour revenir vers le chef).
Jack incarne ce que signifie réellement le fait d’être une tribu. Jack est un « restaurant occasionnel » localisé à Brooklyn. Ils n’ouvrent qu’une vingtaine de fois par an, le samedi soir. Uniquement sur rendez-vous. Vous consultez le menu en ligne à l’avance, vous réservez et payez si vous souhaitez y aller. Au lieu de chercher des clients pour leurs plats, ils créent des plats pour leurs clients. Au lieu de servir des clients anonymes, ils organisent une fête où se retrouvent des gens qui partagent le même centre d’intérêt.
Les deux gérants du restaurant tiennent un célèbre blog culinaire. Cela signifie qu’ils interagissent déjà avec la tribu et savent ce qu’elle recherche. Une fois ouvert, le restaurant devient le point de ralliement, le prolongement des échanges virtuels et le lieu privilégié où l’on traîne avec les autres membres de la tribu.
Il ne suffit pas de savoir ce qu’il faut faire pour agir. Sinon, on serait tous en train de militer dans des organisations de lutte contre le changement climatique ou de lutte contre la pauvreté dans le monde.
Le mouvement naît quand une idée circule, rassemble, et pousse chacun à faire ce qu’il savait déjà être la bonne chose à faire.
Les grands leaders créent des mouvements en donnant à la tribu un récit qui raconte l’avenir qu’ils essaient de construire et les moyens de le propager. Les grands leaders posent les bases pour que les gens puissent nouer des liens, au lieu de leur imposer de les suivre.
AMÉLIORER UNE TRIBU
Deux choses pour transformer un groupe de personnes en une tribu :
Quatre modalités pour assurer la fluidité de la communication au sein de la tribu :
Dès lors, un leader peut renforcer l’efficacité de la tribu et de ses membres de trois façons :
La qualité plutôt que la quantité – Ce n’est pas la taille de la tribu qui compte, mais la nature de l’idéal qui unit ses membres et la profondeur de leur engagement.
Un vrai fan s’intéresse à tout ce que vous faites. Il serait prêt à payer pour vous voir dans une conférence. Il traversera la rue pour vous acheter quelque chose, vous fera connaître de ses amis et investira un peu plus pour vous soutenir.
Arrêtez de courir derrière les likes et les nombres de vues. Concentrez-vous sur la façon de transformer un abonné en un vrai fan. C’est ce que font les vrais leaders.
La tribu plutôt que la foule ?
Une foule est une tribu sans leader et sans communication.
Pour vendre, ciblez des tribus. Les foules sont intéressantes pour créer des effets de tendance. Les tribus durent plus longtemps et sont plus efficaces.
Les entreprises qui remettent en cause sans cesse le statu quo sont celles qui prospèrent. Le statu quo, c’est tout ce que vous faites parce que « c’est comme ça » et non parce que c’est la meilleure chose à faire.
Internet est un puissant effet de levier si vous êtes prêt à mener. Vous tournez une vidéo avec votre téléphone et hop, vous touchez des millions de personnes. Vous avez plus de pouvoir que vous ne pourriez l’imaginer.
« À la conférence SXSW de 2008, Scott Beale en avait marre de faire la queue pour accéder à une fête organisée par Google. Il a alors traversé la rue, a trouvé un bar désert, a chopé quelques tables au fond et a utilisé Twitter pour annoncer : « Soirée Alta Vista chez Ginger Man. » En quelques minutes, 8 personnes sont arrivées. Puis 50, très vite une file d’attente s’est formée devant la porte. C’est une illustration éloquente de comment la technologie a permis de mettre en mouvement une tribu. »
Quel est votre job idéal ? Si vous vivez au Sénégal ou dans un autre pays d’Afrique, il y a fort à parier que la réponse soit : être un bureaucrate dans l’administration. Pourquoi ? Parce que l’emploi est stable, le salaire est correct, vous disposez d’une assurance maladie, et il n’y a pas de prise de tête. Pas de panique, c’est humain : une partie de nous recherche la stabilité, l’absence de responsabilité.
Beaucoup ont des idées formidables mais ne les mettent jamais en pratique à cause de la peur. La peur n’est souvent que l’imagination dans une impasse, entretenue par le fantasme autour de quelques rares récits d’échecs de gens qui ont osé mettre en cause le statu quo.
Pour neutraliser la peur, imaginer de meilleures histoires : celles du progrès, des idées audacieuses et des gens qui font des choses remarquables.
Nous choisissons de ne pas être remarquables par crainte que les gens nous critiquent et nous tiennent pour responsable d’un manquement.
La peur d’être critiqué est un puissant frein à la prise d’initiative. Il suffit d’observer quelques personnes critiquées pour avoir osé être innovantes : il sera facile de vous convaincre que la même chose vous arrivera si vous ne faites pas attention.
Parfois, la critique est un privilège. C’est la preuve que vous avez fait quelque chose digne d’être remarqué.
En tant que leader, vous devez être conscient de votre peur et la détecter chez ceux que vous voulez diriger.
Lorsque deux idées s’affrontent, ce n’est pas forcément la meilleure idée qui l’emporte, mais celle qui rallie le plus grand nombre d’hérétiques. Les hérétiques sont des personnes audacieuses qui osent mettre en cause le statu quo.
Les grands leaders ne recherchent ni la gloire, ni la lumière. Ils sont altruistes. Ils utilisent leur aura pour faire briller les autres et permettre à la tribu de prospérer.
En abusant de l’attention, vous affaiblissez votre tribu. Lorsqu’un PDG se comporte comme un monarque égoïste, il ne dirige plus. Il prend.
Les grands leaders prennent les devants, font valoir leur point de vue, bousculent le statu quo et parlent haut et fort. Certes, il est facile de se sentir gêné face au sentiment d’attirer trop la lumière.
Une tribu resserrée est une tribu qui prospère.
Avant tout, le leader peut commencer par resserrer la tribu. Il est tentant de chercher à élargir la tribu, d’attirer plus de membres et de propager le message. Néanmoins, cela paraît insignifiant comparé à l’effet d’une tribu plus soudée.
Une tribu soudée communique plus vite, et une tribu qui communique plus vite, avec enthousiasme et passion, est une tribu qui prospère.
Une tribu soudée est plus susceptible d’entendre son leader et mieux, plus susceptible de coordonner les actions et les idées entre ses membres.
Le blogging ? Le blog illustre comment la technologie peut aider à resserrer des liens dans une tribu et à faire passer le message entre ses membres. Un blogueur peut envoyer des messages réguliers à ceux qui souhaitent les lire. Les membres de la tribu (les abonnés) peuvent répondre, échanger entre eux, partager des idées et prendre des décisions. Les réseaux sociaux amplifient l’instantanéité de cette idée.
Le resserrement d’une tribu peut se produire sans technologie, et parfois sans que le profit en soit le moteur. Keith Ferrazzi dirige une tribu composée d’un groupe de célébrités et de leaders d’opinions hétéroclites que rien ne disposait à avoir un idéal commun. Il présente les gens. Il les invite à dîner. Il trouve des centres d’intérêts communs, puis s’éclipse.
Si tout le monde pouvait être leader, personne ne le serait vraiment. Le leadership est rare, car peu sont prêts à supporter l’inconfort qu’il exige.
C’est dans l’inconfort qu’on a besoin d’un leader
Il est inconfortable de se tenir devant des inconnus.
Il est inconfortable de proposer une idée qui pourrait échouer.
Il est inconfortable de mettre en cause le statu quo.
Il est inconfortable de résister à la tentation de se compromettre
Lorsque vous identifiez l’inconfort, vous avez trouvé l’endroit où il faut un leader.
Si vous ne sentez pas de malaise dans votre rôle de leader, il est presque certain que vous n’avez pas encore atteint la limite de votre potentiel.
Une tribu a besoin de suiveur, mais pas n’importe lesquels.
L’erreur fatale que peut commettre un leader est de considérer sa tribu comme un troupeau, et ses membres comme des moutons de panurge.
Les moutons aveugles ne font que suivre les instructions sans réfléchir. Ils ne s’intéressent pas davantage à la dynamique de la tribu. Ils sont inaptes à exercer le leadership local lors des interactions entre les membres de la tribu. Ils ne réussiront pas très bien le recrutement de nouveaux membres.
Le microleadership maintient votre tribu en vie — Ce sont les microleaders sur le terrain et leurs disciples enthousiastes qui font la différence, et non un chef hors sol qui dirige ostentatoirement le groupe.
Sans mouvement, pas de tribu — Les leaders travaillent dur pour susciter un mouvement capable de convertir un groupe d’individus isolés en une tribu.
S’engager est une attitude rare et précieuse.
« Lors d’un recrutement, j’ai créé un groupe Facebook privé pour les candidats et j’ai invité chacun à y participer. Soixante d’entre eux se sont immédiatement inscrits. Il n’existait pas encore de tribu ; seulement soixante inconnus. En quelques heures, quelques-uns ont pris les devants, publiant des sujets, lançant des discussions, s’impliquant et animant. Ils ont appelé leurs pairs à contribuer et à participer. Et les autres ? De simples observateurs, effrayés par quelque chose qui n’avait aucune chance de se produire. » Qui recruteriez-vous ?
Le leadership n’implique pas forcément de prendre la tête d’une tribu. Parfois, il suffit d’impulser la dynamique, prendre du recul et permettre à d’autres membres de la tribu de prendre le leadership. Jimmy Wales dirige Wikipédia non pas en étant sur le dos de tout le monde, mais en permettant à d’autres de combler le vide.
Il y a une différence entre prendre du recul et être dans l’inaction. Un leader qui se met en retrait s’engage relativement au pouvoir de sa tribu et attend le bon moment pour reprendre l’initiative. Celui qui ne fait rien ne fait que se dissimuler.
Il y a mille façons de mener. Une seule échoue à tous les coups : ne rien faire du tout.
Le leadership est un choix – Celui de ne pas rester immobile. Pour être un leader, il faut s’engager, prendre du recul quand c’est nécessaire, mais éviter à tout prix l’inaction.
Sans Coach, pas de tribu – Le coach inspire les membres de la tribu. Il fixe les règles et crée un environnement sain dans lequel chaque membre de la tribu est fier de contribuer.
Une tribu ne peut pas plaire à tout le monde – C’est justement ça, une tribu : il y a ceux qui comprennent l’obsession des membres de la tribu… et les autres.
La curiosité est une valeur universelle qui s’acquiert avec le temps. Rien à voir avec le statut social et encore moins le niveau d’étude. C’est le désir de comprendre, de tester, d’expérimenter, d’explorer ou de suivre aussi loin que possible une piste intéressante. La curiosité est le moteur du progrès.
Pour diriger une tribu, il suffit d’entraîner au travers de vos actions les personnes qui ont choisi de vous suivre, parce que partageant la même vision du monde que vous. Au final, il est plus facile de conduire les gens là ils ont déjà décidé d’aller.
Restez petit
Imaginez deux classes avec des enseignants similaires. L’une compte 15 élèves, l’autre 32. Quelle classe reçoit le meilleur enseignement ? Normalement, la plus petite classe, car l’enseignant a plus de temps pour adapter le cours à chaque élève. Il a moins d’élèves, donc moins de perturbations.
N’essayez pas de mener tout le monde
L’adhésion à une tribu est un choix volontaire.
Les grands leaders ne cherchent pas à satisfaire tout le monde. Ils ne compromettent pas leur message en voulant toucher tout le monde. Au contraire, ils admettent qu’une tribu motivée et imbue des idéaux du mouvement est bien plus performante qu’une tribu plus vaste.
Certaines tribus réussissent mieux lorsqu’elles sont plus petites – Plus exclusives. Plus difficiles à intégrer. Vouloir à tout prix agrandir ces tribus, c’est courir le risque de tout anéantir. « Plus personne n’y va, c’est devenu trop populaire. »
Certaines tribus sont mieux quand elles sont populaires – Les partis politiques prospèrent lorsqu’ils représentent la majorité. Facebook fonctionne justement parce que tout le monde l’utilise.
Les leaders qui se demandent ce qu’ils peuvent faire pour la tribu réussissent mieux que ceux qui se demandent ce que la tribu peut faire pour eux.
L’intention du leader compte. Les tribus peuvent deviner si vous êtes sincère ou juste en quête d’attention. Chercher la lumière n’est pas une attitude payante quand on mène.
LA FOI DANS TOUT ÇA ?
La foi est sous-estimée.
La seule chose qui vous empêche de saisir les opportunités qu’offre le leadership, c’est le manque de foi. La foi dans le fait que vous avez les moyens de le faire et que ça vaut le coup. La foi dans le fait que l’échec ne vous anéantira pas.
FOI CONTRE RELIGION
La foi conduit à l’espoir et triomphe de la peur.
La foi permet d’être résilient et d’affronter les mystères du monde (la mort, par exemple).
Si vous observez des enfants en train d’apprendre l’escalade, vous verrez que le secret pour développer cette compétence ne réside pas dans le développement musculaire ou l’apprentissage d’une technique particulière. Il s’agit simplement de se convaincre que cela fonctionnera. Sans foi, le saut est impossible.
La religion présente un ensemble de règles dont la finalité est d’amplifier la foi.
Il existe d’innombrables religions dans nos vies – pas seulement celles révélées. La « religion » de Broadway définit l’apparence d’une comédie musicale. La religion Apple dicte à quoi doit ressembler un produit technologique.
Lorsque notre foi est vacillante, la religion lui apporte le soutien nécessaire.
Dans le meilleur des cas, la religion rappelle que la croyance est acceptable et que la foi est le moyen de parvenir à ses fins.
Dans le pire des cas, la « religion » renforce le statu quo, souvent au détriment de la foi. C’est ainsi que des employés s’accrochent à une « religion » d’entreprise, au lieu de s’en affranchir pour créer une meilleure expérience.
Lorsqu’on tombe amoureux d’un système, on perd la capacité d’évoluer.
Les hérétiques mettent en cause une « religion » donnée, mais le font sur la base d’une foi solide. Ils savent que pour diriger, il ne faut pas se laisser enfermer dans le statu quo de leur « religion. »
Les hérétiques qui réussissent créent leur propre « religion » et en dessinent les contours : nouveaux groupes d’amis, nouveaux fans, nouveaux rites.
Vous aussi : créez une nouvelle « religion » autour de votre foi. Trouvez une tribu de gens qui vous soutiennent et ont foi en votre idée. Menez-les !
LE LEADERSHIP REQUIERT DU COURAGE
Le leadership implique de penser et d’agir souvent comme un outsider, et non comme un vainqueur — Car les leaders s’emploient à changer les choses, ce que font rarement ceux qui gagnent.
Changer les choses en profondeur, inventer un avenir encore invisible, tout en essuyant les critiques, demande un vrai courage : c’est ce que font les leaders.
Il est facile de réagir ou de répondre. Le plus difficile est d’initier.
Réagir : subir un événement et y répondre de façon instinctive.
Répondre : prendre le temps d’analyser avant d’agir avec intention.
Initier : voir ce que les autres ignorent et s’en emparer. C’est ce que font les leaders. Ils provoquent des évènements auxquels les autres doivent réagir. Ils impulsent le changement.
Le statu quo ? C’est quand on croit que ce qu’on a est meilleur que le risque et la peur qui accompagnent le changement.
Pourquoi initier le changement est si difficile ?
Parce qu’au début, la nouveauté semble d’abord moins fiable que ce qu’on connait déjà. Si vous attendez que l’alternative soit meilleure que l’existant dès le départ, vous ne vous lancerez jamais. Assez vite, la nouveauté va dominer l’existant. Mais si vous attendez jusque-là, il sera trop tard.
Les idées géniales sont disponibles partout et elles sont gratuites. Ce qui manque, c’est de prendre des initiatives pour concrétiser ces idées.
Être le premier à explorer de nouveaux chemins est presque toujours un pari gagnant.
Lorsque vous recrutez des gens extraordinaires et que vous leur donnez la liberté tout en créant un environnement stimulant, ils font des choses extraordinaires.
Lorsque vous plébiscitez les comportements moutonniers, vous donnez plus de place à des personnes formées pour obéir, et qui sont peu qualifiées pour résoudre de nouveaux problèmes.
Comment était votre journée ? La vie est trop courte pour être malheureux au travail. Plutôt que compter les jours jusqu’à vos prochaines vacances, pourquoi ne pas bâtir une vie qui ne vous donne pas envie de vous échapper.
5 ÉLÉMENTS CLÉS POUR CRÉER VOTRE MICRO-MOUVEMENT :
Distribuez le manifeste et facilitez sa diffusion. Il n’a pas besoin d’être imprimé ni même écrit. C’est un mantra, une devise et une façon de voir le monde. Il unit les membres de votre tribu et leur donne une structure.
Cela peut se faire aussi simplement que par une rencontre physique, un e-mail, un message instantané. Ou cela peut être aussi riche et complexe qu’une interaction avec vous sur Facebook ou votre réseau social préféré.
Il y a ce petit clin d’œil qu’un habitué d’un restaurant adresse à un autre habitué qu’il reconnaît. Mieux encore, la camaraderie développée par des bénévoles lors d’une campagne politique ou des fans d’une marque impliqués dans le lancement d’un nouveau produit. Les grands leaders savent comment engendrer ces interactions.
L’argent n’est qu’un levier qui favorise le mouvement. Dès que vous tentez d’en tirer profit, vous affaiblissez la croissance du mouvement.
Faites-le en public et donnez la possibilité à vos abonnées de contribuer à ces progrès.
6 PRINCIPES POUR PROPULSER VOTRE MICRO-MOUVEMENT
Tout faux prophète finit toujours par l’apprendre à ses dépens. Ceux qui vous suivent ne sont pas bornés. Vous pourriez chuter à cause d’un scandale ou, plus probablement, par lassitude. Les gens flairent le stratagème à des kilomètres.
Un auteur et son livre, par exemple, ce n’est pas un mouvement. En revanche, une volonté de transformer les modalités d’admission à l’université en est un.
Ils gagnent en force, jour après jour. Vous atteindrez cette phase en temps voulu — inutile de sacrifier le présent sous prétexte d’aller plus vite.
Il perd en puissance quand il se contente de rivaliser avec d’autres mouvements qui poursuivent les mêmes buts et qui réussissent mieux. Inutile de chercher à être « meilleur » qu’eux. Rejoignez-les ou soyez différent.
L’exclusion crée de la clarté. Elle renforce la loyauté et attire l’attention. Celui qui ne fait pas partie de votre mouvement compte autant que celui qui en fait partie.
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Beaucoup de tribus existent pour préserver le statu quo et mater le changement. Rien ne change parce que tout le monde fait comme d’habitude ou se contente de suivre les règles établies.
Améliorez-vous en continu – En remettant en question vos propres règles, en révisant votre manuel d’instructions qui freine souvent ce pourquoi il a été écrit.
Soyez prêt à vous tromper.
Commettre une erreur n’a jamais tué personne.
Si vous n’êtes pas prêt à avoir tort, vous n’aurez jamais l’occasion d’avoir raison. Steve Jobs s’est planté sur l’Apple 3, et vous connaissez la suite de l’histoire.
Le risque est meilleur que l’illusion de sécurité entretenue par la routine et la peur de déplaire.
Le vrai secret du succès ? C’est ce désir discret d’échouer, quand on est sur le point d’atteindre quelque chose de grand.
Le secret du leadership ? Faites ce en quoi vous croyez. Donnez vie à une vision claire de l’avenir.
Il est acceptable de se démarquer d’une tribu figée pour fonder son propre mouvement – en disant aux membres : « Vous n’allez pas là où je dois aller, et je ne peux pas vous convaincre de me suivre. Alors, au lieu de rester là à regarder les opportunités se dissiper, je m’en vais. Je parie que certains parmi vous, les meilleurs, me suivront. »
Les organismes qui requièrent de la nouveauté sont les plus enclins à éviter qu’il y’en ait.
Le monde a changé. N’est-ce pas ? Alors si vous jouez absolument aux jeux de cette époque avec les règles d’hier, vous êtes figé. Le maître mot : s’adapter.
« Ce n’est pas votre faute, c’est la mienne. »
Si vous concédez mon idée mais n’y croyez pas, ce n’est pas votre faute, c’est la mienne.
Si vous assistez à ma présentation et que cela vous ennuie, c’est de ma faute.
Si vous êtes un étudiant de ma classe et que vous ne comprenez pas ce que j’enseigne, c’est dû à un manque de passion et de pédagogie de ma part, et non un défaut de perspicacité de votre part.
Blâmez les autres est une attitude facile.
Il est très facile de persister pour que les gens lisent le manuel.
Il est très facile de blâmer l’utilisateur/étudiant/client de ne pas faire d’effort, d’être trop stupide pour comprendre ou d’être inattentif.
Il est tentant de blâmer ceux de votre tribu qui ne s’appliquent pas autant à suivre que vous de guider.
Tout ça ne sert à rien ! Vous ne gagnez absolument rien à « prouver » que quelqu’un a tort. Ce qui est utile, c’est de savoir si vous montrez vraiment la voie.
Changer de bord, c’est accepter qu’on s’est trompé.
C’est l’espoir en l’avenir que vous promettez qui rallie les gens à votre vision. Les gens ne vous suivront pas s’ils ne sont pas convaincus que vous arriverez là où vous dites que vous allez. Sans espoir, il n’y a pas d’avenir pour lequel travailler.
Si tout le monde est désintéressé, alors vous n’avez pas de tribu. Si votre engagement n’est ni sincère ni profond, il vous sera impossible d’inspirer ou de guider qui que ce soit.
CE QUE FONT LES LEADERS
Les leaders mettent en cause le statu quo.
Les leaders créent une culture autour de leurs objectifs et impliquent les autres dans cette culture.
Les leaders sont extraordinairement curieux du monde, qu’ils sont hantés d’essayer de changer.
Les leaders utilisent leur charisme pour attirer et motiver ceux qui les suivent.
Les leaders communiquent leur vision du futur.
Les leaders s’engagent sur une vision et prennent des décisions sur la base de cet engagement.
Les leaders connectent entre eux ceux qui les suivent.
Pour incarner le leadership – Il suffit simplement que vous soyez engagé. Nul besoin d’être puissant, beau, branché ou charismatique.
Le charisme dans tout ça ?
Être charismatique ne fait pas de vous un leader. C’est l’inverse qui est vrai : être leader vous rend charismatique.
Croire que vous n’êtes pas assez charismatique pour mener est une crainte injustifiée. Observez autour de vous et vous verrez des leaders qui ont un défaut d’élocution, des leaders sans argent ou sans pouvoir apparent, des leaders laids.
Le charisme n’est pas un don mais un choix.
Être à l’écoute ne signifie pas aller dans le sens de la foule – Les gens veulent être sûrs que vous avez entendu ce qu’ils ont dit. Ils se préoccupent moins de savoir si vous exécutez leurs consignes. Écoutez. Écoutez vraiment ! Puis décidez et passez à autre chose.
Si vous optez pour le changement, vous rencontrerez toujours de la résistance venant des forces qui militent pour le maintien du statu quo.
Si votre idée ne suscite ni résistances, ni oppositions, ni critiques, alors il est peu probable qu’il soit nécessaire de vous lancer dans l’aventure.
Comment vendre ? Trouvez une personne de confiance et vendez-lui un exemplaire. Est-ce qu’il l’apprécie ? Est-ce qu’il est euphorique ? Assez pour en parler à dix amis parce que ça les aide, et pas parce que cela vous aide ?
Les tribus grossissent quand on recrute de nouveaux membres. C’est ainsi que les idées se répandent.
C’est illusoire de croire que le changement survient brusquement. C’est un phénomène graduel. Vous voyez ce restaurant où il y a maintenant la queue dehors ? Ce n’était pas comme ça à l’ouverture.
Une bonne partie du leadership repose sur la capacité à s’accrocher à son rêve pendant longtemps. Autant qu’il faut pour que les sceptiques admettent que vous y arriverez, quoi qu’il en soit, et finissent par vous suivre.
Sternin s’est rendu au Vietnam pour une mission humanitaire visant à aider les enfants qui mourraient de faim. Plutôt que de venir avec des solutions toutes faites et des stratégies élaborées depuis le New Hampshire, Sternin et sa femme Monique se sont contentés de trouver une mère dont les enfants sont en bonne santé. Puis ils ont aidé les autres mamans dans le village à s’inspirer des bonnes pratiques de cette mère qui réussit. Ils ont propulsé cette maman, l’ont encouragée à continuer, et ont incité les autres à faire comme elle.
L’histoire de Sternin montre qu’un changement inspiré de l’intérieur est plus viable qu’un changement venant de l’extérieur.
VOUS ÊTES UN PRIVILÉGIÉ, NE FAITES PAS DE COMPROMIS
Il y a des endroits où les gens n’ont pas assez à manger ;
Il y a des endroits où les gens sont empêchés de poursuivre leurs rêves parce qu’ils vivent dans des communautés privées de l’infrastructure nécessaire pour les porter ;
Il y a des endroits où les gens sont persécutés par leurs gouvernements ;
Il y a des endroits où les gens ne peuvent pas accéder au lycée, encore moins à l’université.
Les gens qui vivent dans ces endroits n’ont certainement pas le loisir de se demander s’ils ont le dernier iPhone, ou si leur café du matin est bio ou non.
Si vous avez la chance de vivre dans un contexte différent – Ne faites pas de compromis. Ne vous contentez pas du minimum. Ne gaspillez pas cette opportunité.
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Les gens ne croient pas ce que vous leur dites.
Ils croient rarement ce que vous leur montrez.
Ils croient souvent ce que leurs amis leur disent.
Ils croient toujours à leurs propres paroles.
Le rôle des leaders : offrir aux gens des récits qu’ils peuvent raconter eux-mêmes. Des récits sur l’avenir et le changement.
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Il n’existe pas de bon moment pour prendre le leadership.
Attendre n’est pas payant. Dire oui l’est.
Allez-y ! Dites oui au leadership.
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