Le Pouvoir des Habitudes : Changer un rien pour tout changer (Par Charles Duhigg) – Résumé du livre, Notes et Points Clés

Date de lecture : 3 février 2026
Note : 8

Pourquoi nous agissons comme nous le faisons dans la vie et au travail ? Peut-être pensez-vous que cela provient de choix délibérés. En réalité, c’est tout sauf ça. Nous sommes principalement guidés par nos habitudes. 

Dans ce livre, Charles Duhigg explore les mécanismes scientifiques de la création et de la modification des habitudes pour nous permettre de prendre le pouvoir sur nos habitudes.

MES NOTES

« Toute notre vie n’est qu’une accumulation d’habitudes. » (William James)

Les études montrent que 40% de nos actions quotidiennes ne relèvent pas de véritables décisions, mais de comportements routiniers.

Les habitudes sont essentielles pour le cerveau : elles lui permettent d’économiser ses efforts et de se concentrer sur des activités plus gratifiantes. Imaginez si nous devions réfléchir à la façon de marcher, de nous brosser les dents, ou de faire d’autres activités banales de la vie quotidienne, notre cerveau serait submergé.

PROCESSUS DE CRÉATION DES HABITUDES DANS LE CERVEAU :

Les habitudes se forment au niveau des ganglions de la base, situés vers le centre du cerveau.
En répétant la même routine, le cerveau convertit progressivement cette séquence d’actions en une routine automatique, qui est stockée dans les ganglions de base, qui se souviendront alors de la routine et agiront en conséquence à chaque fois que les signaux seront activés : une habitude s’est formée.

Les habitudes expliquent pourquoi lorsque nous apprenons à conduire, nous y mettons toute notre concentration, mais avec le temps, l’habitude s’installe, et nous effectuons cette activité sans réfléchir. Une fois que nous avons appris à conduire, nos ganglions de la base prennent le relais. Il nous suffit alors de démarrer la voiture, et chacune des actions utiles à la conduite se produit automatiquement.

Une habitude ne disparaît jamais. Autrement, il faudrait réapprendre à conduire à chaque fois que nous reprenons le volant après une longue interruption.

BOUCLE DE L’HABITUDE :
Un processus en trois parties : 

  • Signal : le déclencheur qui indique au cerveau d’activer le mode automatique.
  • Routine : la manifestation du comportement qui peut être physique, mentale ou émotionnelle.
  • Récompense : l’envie forte qui pousse à l’action.

 

Le signal doit être simple et évident (visible ou perceptible sans effort).
Vous voulez prendre l’habitude de lire des livres, mettez des livres à chaque coin de votre domicile.
Vous voulez courir tous les matins, laissez votre tenue de jogging à côté de votre lit (c’est la première chose que vous verrez en sortant de celui-ci).
« Claude Hopkins, un brillant publicitaire américain, a utilisé la boucle de l’habitude pour créer une habitude de brossage des dents en Amérique et a fait du dentifrice Pepsodent l’un des produits les plus vendus au monde. Pour déclencher l’habitude, il utilise comme signale, la plaque dentaire.  Dans ses publicités, il incitait les gens à passer leur langue sur leurs dents pour sentir la plaque : vous avez une plaque, achetez le Pepsodent. Il réussit à associer le désir des gens de se débarrasser de leur plaque avec l’achat de son produit.» 

Un bon signal doit aussi déclencher une envie de récompense forte.

Sans le bon signal, pas de routine.
Pour que la boucle de l’habitude fonctionne, le signal choisi doit être impérativement celui qui déclenche le comportement souhaité.

« Stimson et ses équipes avaient positionné le *Febreze* comme un produit qui allait permettre aux gens de se débarrasser des odeurs gênantes. L’odeur était alors le signal censé déclencher l’utilisation quotidienne du produit. Problème : leurs cibles ne sentaient pas l’odeur ou pas souvent. Ils n’avaient pas nécessairement besoin de désodoriser au quotidien. L’équipe marketing avait ignoré un phénomène étrange qui fait que : quand on y exposé en permanence, les odeurs les plus fortes finissent par s’estomper. Faute du bon signal, la routine attendue ne pouvait tout simplement pas se produire.»

La récompense doit être claire et gratifiante.
Nous sommes plus susceptibles de répéter un comportement si l’expérience a été satisfaisante.
La récompense aide le cerveau à déterminer si une boucle particulière mérite d’être mémorisée et utilisée à l’avenir.
Claude Hopkins avait vendu – de belles dents – pour installer le Pepsodent dans le rituel journalier des Américains. Utiliser le pepsodent, vos dents seront aussi belles que sur l’image. 

C’est le désir qui alimente la boucle de l’habitude.
Le désir, c’est cette envie qui nous pousse à exécuter un certain comportement.
Sans une envie forte, aucune habitude durable ne peut être créée.

Anticiper une récompense : le secret pour une habitude pérenne.
On attrape une boîte de cookie parce que notre cerveau ANTICIPE la dose de sucre.
Le smartphone vibre : le cerveau commence à ANTICIPER une distraction momentanée que lui fournira cette notification. L’envie grandit jusqu’à ce qu’on ouvre notre téléphone.

« Nous avions mis en avant les récompenses liées au dîner pour inciter les enfants à consommer des légumes : si l’enfant avait mangé des brocolis, il aurait droit à une histoire avant de se coucher ; s’il encourage son frère à finir ses petits poids, nous lui dirions une blague.» 

Vous voulez rendre les gens accroc à un produit ? Créez une envie tellement irrésistible qu’ils ne peuvent pas s’en passer.

Comment le cerveau perçoit-il une habitude ? Quand je vois un signal, j’agis selon une routine afin d’obtenir la récompense attendue.

LE CADRE POUR CHANGER UNE HABITUDE

  • Identifiez la routine
  • Expérimentez la récompense
  • Isolez le signal
  • Choisissez un plan

La routine, c’est le comportement que vous voulez changer. Pendant que Charles Duhigg faisait ses recherches pour ce livre, il avait pris la mauvaise habitude de se rendre à la cafétéria de son lieu de travail pour acheter un cookie aux pépites de chocolat. Problème : ce comportement lui a fait prendre du poids, et il voulez y remédier. Pour ajuster ce comportement, il a procédé ainsi :

Première étape : identifier la routine, c’est-à-dire le comportement qu’il voulait modifier. Sa routine consistait à quitter son bureau l’après-midi, à se rendre à la cafétéria, à acheter le cookie et à le manger tout en discutant avec des collègues. 

Deuxième étape : expérimenter pour déterminer la récompense associée à cette routine. Qu’est-ce qui motivait Duhigg ? Etait-ce la faim ? Le cookie en soi ? L’ennui ? L’envie de sucrerie ? Le besoin d’une pause ou d’une distraction ? Le besoin d’échanger avec des collègues ?
Il a fait quelques expériences pour isoler la récompense, c’est-à-dire l’envie réel qui alimentait cette habitude. À la fin, il conclut que c’était avant tout le besoin d’échanger avec ses collègues et de se déconnecter temporairement qui le poussait vers la cafétéria. 

Troisième étape : isoler le signal. Qu’est-ce qui déclenche exactement son habitude ?
Il existe cinq catégories de signaux : emplacement, heure, état émotionnel, autres personnes, et actions qui précèdent immédiatement l’habitude.
Pour trouver le signal qui déclenche l’achat du cookie, Duhigg a décrit ce qui se passait au moment où l’envie de cookie le prenait, en se basant sur ces cinq catégories de signaux.
Le premier jour, il écrit ceci :

Je suis assis à mon bureau.

Il est 15h36.

Je m’ennuie.

Il n’y a personne autour.

Juste avant que l’envie me frappe, je répondais à un e-mail.

Il refait l’exercice pendant trois jours et arrive à la conclusion que son habitude se déclenchait tous les jours vers 15h30.

Quatrième étape : élaborer un plan.
Vous avez identifié la récompense qui vous pousse vers un comportement précis, le signal qui le déclenche et la routine proprement dite, vous pouvez envisager de le changer. Mais comment ? En vous concentrant sur le signal et en trouvant une autre récompense satisfaisante.
C’est ce que fit Duhigg : Chaque jour, à 15h30, au lieu de se diriger vers la cafétéria, il se rendait dans le bureau de ses collègues pour discuter pendant 10 minutes.

HABITUDE DE SUBSTITUION :

Pour changer une habitude, gardez le même signal et récompensez de la même manière, tout en ajustant la routine .
Tout comportement peut être modifié si le signal et la récompense sont maintenus.
Un fumeur sera incapable d’arrêter la cigarette, à moins de trouver une activité remplaçant le tabac lorsque l’envie de nicotine se déclenche.
Les facteurs de déclenchement et les avantages restent les mêmes; c’est juste le comportement qui change.

Vous voulez changer un comportement ?

Commencez par une analyse profonde de celui-ci afin de saisir le signal et la récompense qui pilotent l’habitude.
Ayez une croyance profonde que ce changement est à portée de main : la foi.
Engagez-vous dans une communauté pour vous aider à acquérir la conviction que le changement est possible et pour vous donner un coup de pouce quand vous faiblissez.

Les habitudes sont très robustes : quand on veut changer un comportement, le risque de revenir sur ses vieilles habitudes n’est jamais loin.

Le cerveau ne fonctionne pas sous pression : on ne peut pas le contraindre au changement.

LES HABITUDES CLÉS DE VOÛTE

Toutes les habitudes n’ont pas la même importance.
Changer certaines habitudes peut déclencher une réaction en cascade qui entraîne d’autres changements positifs dans votre vie.

Vous voulez devenir maître de vos habitudes ? Dans les affaires comme dans la vie personnelle ? Commencez par identifier et changer vos habitudes clés.
« J’ai compris que je devais me focaliser sur une chose à la fois. Fumer était mon habitude clé dont dépendait tout le reste. Pour arrêter, je devais aborder le problème de manière expérimentale, tenter différentes approches et me concentrer uniquement sur ce point. J’ai même collé un post-it sur mon miroir. Il est écrit ceci : Concentre-toi sur le fait de changer ton habitude clé.»
La refonte d’une habitude clé rendra le chagement d’autres habitudes deux fois plus facile.

La réussite ne repose pas sur le succès en toute chose, mais sur l’aptitude à identifier quelques éléments clés et à les convertir en puissants leviers.

Ils ont demandé à 600 personnes en surpoids de noter ce qu’ils mangeaient. Au bout de six mois, les participants qui tenaient un journal alimentaire au quotidien avaient perdu deux fois plus de poids que les autres. La tenue d’un journal alimentaire s’est avérée être une habitude clé qui a impulsé d’autres habitudes saines dans la vie des participants.

Faire du sport est une habitude clé : les personnes qui font de l’exercice physique régulier mangent mieux, sont plus productives au travail, sont plus patientes avec les autres et sont moins stressées.
Les familles qui dînent habituellement ensemble élèvent des enfants qui plus tard auront de meilleures notes, un meilleur contrôle émotionnel et une plus grande confiance en eux.
Les personnes qui font leur lit tous les matins ont une meilleure productivité et un plus grand sentiment de bien-être.

Célébrez les petites victoires. Chaque succès remporté est la preuve que des réussites plus marquantes sont à votre portée.

Lorsqu’un dirigeant piétine les fondements de la culture d’entreprise, il doit passer la main.
« Il a été évincé parce qu’il ne nous avait pas informé de cet incident, du coup personne n’avait eu l’occasion d’en tirer les leçons. Priver une organisation d’une occasion d’apprendre est une faute grave.»

Des dizaines d’études montrent qu’en matière de réussite individuelle, la volonté est l’habitude clé la plus importante.
Starbucks a investi des millions de dollars pour une formation sur l’autodiscipline, réservée à ses employés ; ce qui a permis d’ériger la volonté en une véritable culture d’entreprise.

La méthode Starbucks pour gérer les insatisfactions des clients : Nous ÉCOUTONS le client. Nous ENTENDONS son dépit. Nous AGISSONS pour trouver une solution. Nous le REMERCIONS et ensuite nous EXPLIQUONS pourquoi ce problème est survenu.
Starbucks avait su créer un système dans lequel ses employés réagissaient d’une certaine manière à chaque fois qu’ils rencontraient un client en colère. Devant un client furieux (le signal),la méthode Starbucks était automatiquement enclenché comme réponse (la routine).

La volonté n’est pas qu’une aptitude ; c’est un muscle qui se renforce avec de l’entraînement.

Parents ? Répétez à vos enfants qu’ils ont le nécessaire pour réussir, ils vous prouveront que vous aviez raison.
« Ma maman me répétait souvent : Tu seras major à la Fac, tu seras un grand professionnel, tu nous rendras tous fiers. Elle me posait toutes sortes de questions : comment vas-tu étudier ce soir ? Comment sais-tu que tu seras prêt pour ce contrôle ? Cela m’a aidé à rester motivé et à me fixer des objectifs précis.» (Howard Schultz)

Les entreprises ne sont pas des lieux idylliques comme on le croirait. Elles n’ont rien d’une grande famille où tout le monde est en communion.

Parfois, une paix instable peut se révéler aussi destructrice qu’une guerre civile.
Les accalmies ne sont durables que lorsqu’elles créent une véritable justice.

Pour qu’une organisation fonctionne, ses managers doivent cultiver en son sein des habitudes qui incitent à une paix véritable, tout en énonçant clairement les responsabilités de chacun.

Parfois les crises sont souhaitables. Elles créent un électrochoc et offrent des opportunités d’installer de nouvelles habitudes organisationnelles qui favorisent le succès.
« Une structure  aux habitudes défaillantes ne peut pas muter du jour au lendemain, tout simplement parce qu’un dirigeant l’ordonne. Les dirigeants éclairés profitent des moments de crise pour cultiver le sentiment que quelque chose doit changer, jusqu’à ce que tout le monde soit finalement prêt à remanier les schémas habituels.»
Une crise ne doit pas s’achèver en pure perte. Elle doit fournir l’opportunité d’imaginer des solutions inenvisageables auparavant.

Les entreprises anticipent vos désirs.

Les habitudes d’achat des gens se modifient à l’occasion d’événements majeurs : mariage, arrivée d’un enfant, emménagement.

Connaître l’envie des consommateurs est la base de la prospérité de toute affaire.
« Ce qui motivait les gens à fréquenter durablement sa salle de sport, ce n’était pas la qualité des appareils de musculation, ni le caractère attrayant de la salle… c’était davantage le facteur humain : les gens se plaisaient à y venir pour nouer des relations. Connaître le désir des gens nous a permis d’imaginer un système d’accueil où ils se sentaient considérés et respectés. On demandait leurs noms, on prenait de leurs nouvelles… on s’intéressait à eux.»

Suspecter et savoir sont deux choses différentes !

Pour faire accepter une nouvelle habitude, il faut rendre la nouveauté familière, c’est-à-dire l’enrober dans quelque chose que les gens connaissent et apprécient déjà.

L’histoire de Rosa Parks, refusant de céder sa place dans ce bus de Montgomery montre comment un simple acte de défiance peut chambouler le monde.

La pression sociale entraîne des habitudes sociales très puissantes.
Si vous ignorez les obligations sociales de votre communauté, vous risquez de perdre votre statut social. Vous mettez ainsi en péril votre accès à de nombreux avantages sociaux.

L’amitié cache un instinct qui nous inspire à nous battre pour la personne que nous aimons, quand cette personne subit une injustice.

Si vous voulez avoir les qualités d’une personne que vous admirez, commencez par vous intéresser à ses routines.
Nous ne sommes qu’un faisceau d’habitudes.

Pour qu’un mouvement fonctionne, tous ses membres doivent accepter de changer leurs habitudes et apprendre une nouvelle façon d’agir.

SOMMES-NOUS RESPONSABLES DE NOS HABITUDES ?

« Les joueurs qui continuent de miser après des quasi-gains sont ceux qui permettent aux casinos et aux loteries d’être rentables. Un ticket sur deux est conçu pour vous donner l’impression que vous avez presque gagné.»
EXPLICATION : pour le cerveau, les quasi-gains sont perçus comme une récompense, ce qui encourage les joueurs à rejouer : c’est l’anticipation de la récompense qui nous pousse à agir.

Modifier un comportement commence par une prise de conscience de la nécessité de le changer. Vous devez accepter l’effort qu’exige l’identification des signaux et des récompenses qui alimentent votre habitude, et trouver des routines alternatives.

Vous avez la liberté et la responsabilité de remodeler vos mauvaises habitudes.
« Toute notre vie n’est qu’une agglomération d’habitudes organisées pour notre bonheur ou notre malheur, et qui pilotent notre destin, quel qu’il soit.» (William James)

Les habitudes, c’est ce qui nous permet de « faire une chose avec difficulté la première fois, mais ensuite de la faire plus vite et plus aisément, et finalement, avec beaucoup de répétition, de la pratiquer d’une manière presque mécanique.» (William James)

Le simple fait de savoir ne suffit pas pour changer.
Parfois, l’information doit être accompagnée d’histoires qui résonnent avec nos propres vies, pour nous encourager et nous aider à prendre conscience que le changement est possible.

La volonté ne suffit pas pour maintenir durablement une habitude.Anticipez les moments de faiblesse et veillez à ce que les rechutes ne se transforment pas en nouvelles habitudes indésirables. Par exemple, un dessert occasionnel peut vite provoquer la boucle d’une mauvaise habitude.

Les habitudes se forment à travers une routine, lorsque notre cerveau apprend à désirer une récompense spécifique à un moment bien précis.
Lorsque la récompense est imprévue, l’habitude a plus de mal à s’établir. Glisser un cookie aux pépites de chocolat dans la boîte de repas de votre enfant alors qu’il ne s’y attend pas ne développera chez lui une nouvelle habitude.

L’échec a tant de valeur parce qu’il nous oblige à tirer des leçons, que nous le voulions ou pas.

Pourquoi les gens ont du mal à cesser de procrastiner ? Parce qu’ils tentent d’ignorer leur impulsion au lieu d’en tenir compte. Soyez proactif et planifiez un temps pour satisfaire cette envie. Activez une alarme et retournez à vos priorités dès qu’il retentit. Si l’envie d’aller sur Facebook vous empêche de vous concentrer sur ce qui compte, attrapez votre téléphone et allez sur Facebook pendant 15 minutes ; vous verrez que vous serez plus susceptible de vous reconcentrer sur vos priorités après cette distraction volontaire.

Le changement n’est pas obligatoirement rapide et n’est pas toujours facile. Mais avec le temps et des efforts, toutes les habitudes ou presque peuvent être remodelées.

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